Pour la première fois depuis leur arrivée à Bréhal en 2022, mes bénéficiaires Ukrainiennes ont dévoilé leurs pensées sur la guerre et la situation de leur pays .
Dans un simple exercice de grammaire, j’ai évoqué l’opéra de Saint Pétersbourg. Une étudiante s’est insurgée : « non, Monsieur Jacques, ce n’est pas bien. On ne doit pas parler de Saint Pétersbourg. »
Alors, via Google traduction, Zalina a laissé parler son cœur :
« Ayant vécu cinq mois dans la ville occupée de Kherson, je ne peux dire qu’une chose : c’était une grande prison car une personne n’a aucun droit. On peut aller au magasin, mais on ne peut pas rentrer chez soi. Ils ont tout pris : liberté, travail, études, maison… ils (l’armée russe) ne nous ont laissé absolument rien. Ils ont pris leurs parents à leurs enfants, leurs enfants à leurs parents.
Après la libération de la ville (par les forces ukrainiennes), ils l’ont inondée en faisant sauter le barrage de Karkhovka.
Ces jours ont complètement changé nos vies. Combien de douleurs, de morts et de larmes ces gens ont vécu. Comme il est douloureux de regarder des images de la ville dévastée et inondée.
Mais Kherson, ville héroïque, retrouvera la vie ! »
Zalina SAIFULINA du groupe ukrainien de Bréhal
Pour en savoir plus : Kherson est une ville ukrainienne en bordure du fleuve Dniepr et à proximité de la Crimée, donc au sud de l’Ukraine. Cette capitale régionale a été occupée par l’armée russe, puis libérée par les forces ukrainiennes. Mais après le sabotage du barrage de Karkhovk, la ville a été inondée. C’est une ville martyre, comme plusieurs villes sur le front telles que Marioupol, Donetsk Kharkiv, Zaporijjia dont sont natifs plusieurs de nos étudiants.


Paroles recueillies par Jacques.
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